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"Superprofits" des géants de l'énergie : la gauche veut une taxe qui rapporterait "2 milliards d'euros", le gouvernement temporise
information fournie par Boursorama avec Media Services 30/04/2026 à 14:56

Totalenergies a assuré "redistribuer ses profits" en plafonnant ses prix à la pompe.

( AFP / CHRISTOPHE ARCHAMBAULT )

( AFP / CHRISTOPHE ARCHAMBAULT )

Une taxe sur les "superprofits" des géants de l'énergie générés par la guerre au Moyen-Orient rapporterait "à peu près 2 milliards" d'euros, a estimé jeudi 30 avril le PS, alors que le débat politique sur un tel impôts a été relancé après la publication des bénéfices exceptionnels de Totalenergies . Le gouvernement, lui, est plutôt enclin à laisser le pétrolier "redistribuer" cet argent comme il l'entend.

TotalEnergies a annoncé mercredi de juteux bénéfices de 5,8 milliards de dollars au premier trimestre (4,96 milliards d'euros), une hausse de 51% sur un an. La compagnie pétrolière française a gratifié ses actionnaires d'un dividende en hausse de 5,9% par rapport aux autres trimestres.

L'ensemble de la gauche s'est indignée à l'annonce de ces résultats exceptionnels alors que déjà en 2022, lors de l'invasion de l'Ukraine par la Russie, TotalEnergies avaient enregistré des profits record. Le parti socialiste a déposé une proposition de loi pour taxer ce type de surprofits (ou superprofits), visant les entreprises réalisant "plus de 750 millions de chiffre d'affaires ", a expliqué son patron Olivier Faure jeudi sur RTL . En calculant ces superprofits "comme un excédent de 20% sur la moyenne des résultats des trois dernières années" et en les assujettissant à une taxe "entre 20 et 40%", a détaillé le chef des députés PS Boris Vallaud, l'Etat devrait collecter "à peu près 2 milliards" d'euros.

Même si TotalEnergies assure réaliser la majorité de ces bénéfices hors de France, la taxe doit porter sur les résultats mondiaux, a-t-il précisé sur franceinfo . "Il y a une forme d'indécence" à "gagner de l'argent parce que la guerre existe et parce qu'il y a des gens qui aujourd'hui en souffrent", a commenté Olivier Faure. La veille déjà, la gauche avait dénoncé une entreprise qui "profite de la guerre" , selon les propos de la députés LFI Clémence Guetté. "Tout pour les actionnaires", avait fustigé de son côté l'ex-Insoumis François Ruffin.

"Outil de souveraineté"

Le Rassemblement national également défend une taxation de ces bénéfices exceptionnels. Même si mercredi, ses deux têtes n'ont pas semblé d'accord sur son urgence. Marine Le Pen a estimé "normale" une telle taxation, une "mesure de justice sociale que nous défendons depuis des années". Mais au même moment, interrogé sur BFMTV , Jordan Bardella a semblé moins allant. "Il ne faut rien s'interdire", a-t-il dit, tout en observant que ce n'était pas "la priorité", dans "un pays qui a 46% de prélèvements obligatoires". Il a salué "le geste de blocage des prix" de TotalEnergies sur les prix à la pompe de l'essence et du diesel.

Face à la flambée des carburants, le gouvernement a annoncé des aides directes à trois millions de "travailleurs modestes grands rouleurs", comme les infirmières, et aussi un soutien à différents secteurs (agriculture, pêche, BTP, taxis, etc). Le coût de ces aides (180 millions d'euros) est en grande partie couvert par les recettes fiscales supplémentaires liées à l'augmentation des prix (170 millions).

"On ne s'interdit rien"

Mais dans l'immédiat, tenu par un contexte budgétaire contraint, le Premier ministre Sébastien Lecornu n'a pas envisagé de taxation spécifique sur les entreprises pétrolières. Il s'est borné à affirmer qu'il n'avait pas d'"objection de principe" à une taxation européenne.

"On ne s'interdit rien", a encore répété la porte-parole du gouvernement Maud Bregeon jeudi sur TF1 . Si "personne ne doit faire de profits indus sur le dos de la crise", avoir un pétrolier national, comme TotalEnergies, c'est aussi "un outil de souveraineté", a-t-elle aussi insisté.

Le gouvernement affiche donc une confiance prudente dans l'entreprise pour "redistribuer" ces résultats exceptionnels aux consommateurs. "Il faut bien que TotalEnergies se positionne d'une manière ou d'une autre sur une manière de redistribuer" , a tranché Sébastien Lecornu mercredi devant le Sénat.

Le groupe de Patrick Pouyanné a répondu qu'il y contribuait déjà, via le plafonnement des prix dans ses stations-services. "C'est comme cela que nous redistribuons nos profits", a-t-il indiqué dans une déclaration à l' AFP . "Nous comptons poursuivre ce plafonnement", a-t-il ajouté, sans préciser jusqu'à quand il serait prolongé.

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11 commentaires

  • 18:07

    Jy831 avant de dire n'importe quoi regardez qui rackette le plus la populasse total ou l'etat Total present de l'extration du transport du raffinage et df la distribution gagne peut etre 15 cts net par litre et l'etat prend 65% de taxe soit 1,30 euro par litre sans rien faireAlors qui rackette qui


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